Ghana- Allemagne et la « deuxième femme » de mon ami

 

Le mondial, c’est une bonne chose pour les couples. Si j’en juge par mon ami Mandiaye, chez qui j’ai suivi, samedi dernier, le palpitant Ghana/Allemagne.

Mandiaye est devenu un mari plus présent à la maison. Sa femme se plaint moins de ses absences répétées et ses descentes tardives. Ses nombreux réunions et dahiras,  ont, curieusement, beaucoup diminué.  Dès 17 heures, il est présent chez lui, et en pyjama.

Mandiaye est un ami de longue date. Il est marié à Astou, elle aussi devenue une amie.  Ils ont trois charmants bouts de choux. Signe  particulier de Mandiaye : il a le projet de prendre une deuxième épouse. Il m’en parle depuis bientôt trois ans au moins. Seul problème : il ne sait comment l’annoncer à Astou.  C’est une femme de tempérament aux réactions volcaniques.

Comme presque toutes les femmes, Astou n’aime pas le foot tant que ça. Il lui arrive, à l’occasion  de suivre quelques matches, les équipes africaines en particulier.

Samedi, nous étions, tous trois, Mandiaye, Astou et moi, installés confortablement dans leur salon en train de suivre Ghana/ Allemagne. Le  match était  à 1-1. Et mon ami déclara subitement, sur la foi de je ne sais quoi, que le Ghana allait  marquer un deuxième but. Sur ce, il entreprit de donner de la voix :

« Allez Ghana, allez un deuxième ! Juste un deuxième et ça fera l’affaire ! »

Les Blacks stars scorent un deuxième but (2-1). Et rien ne pouvait retenir Mandiaye. Il fallait le voir,  sautillant comme un gamin, soulevant l’écran plat, le serrant contre lui. Fou de joie, il me prit à témoin : « J’ai toujours rêvé d’un deuxième, n’est-ce pas mon ami, Je te l’avais dit ! Je sais que ça arrivera un jour. »

Embarrassé, je ne bougeai pas de mon fauteuil. Astou également gardait le silence. Son visage  s’était subitement fermé. Le jeu reprit son cours. Le calme revient. La joie des Ghanéens… et de Mandiaye fut de courte durée. Trois petites minutes. Les allemands trouvèrent le chemin des filets. Egalité 2-2

Astou se leva brusquement de son fauteuil ; quittant le salon,  elle déclara  sans ciller à son mari, médusé,  « Deuxième-bi ma fi baayi woone » *

Mandiaye poussa un soupir dépité : « Ces Allemands, ce diable de Klose, ils savent vraiment gâcher la fête.»

* Deuxième ne me trouvera pas ici

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diambar
Ouvrez ce journal, vous y trouverez mes angoisses de célibataire proche de la quarantaine qui vit encore chez ses parents, mais participe aux factures et aux charges du ménage, malgré un job de pigiste mal payé. Mais si vous avez envie d'escapade suivez-moi dans les ruelles étroites et animées de mon quartier populaire à Pikine, dans la banlieue de Dakar. Prenez ma main, sinon vous risquez de vous y perdre. Je vous montrerai comment on vit, on pleure, on rit, on meurt, on joue dans ce coin.
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