L’hommage à mon chat

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Ce matin, J’ai décidé de vous parler de mon chat que j’ai baptisé Mousmi. C’est un animal sympathique tout noir. Je l’ai adopté il y a bientôt quatre ans. Je l’ai trouvé un matin de janvier devant la porte de ma chambre. Ils étaient, deux en fait, deux petits chatons, tout mignons. Deux boules de fourrure, les yeux à peine ouverts. Je les ai recueillis et placés dans une caisse en carton. Mais seul Mousmi a survécu. En fait, j’ai assassiné l’autre chaton, son frère jumeau sans m‘en rendre compte. Dans ma volonté de bien faire, je les gavés de lait de mouton. Je les nourrissais avec un petit biberon qu’ils tétaient goulûment de leurs petites langues roses. Seulement à cet âge,  les chatons ne savent pas digérer tout seuls leur repas. Il faut leur donner un coup de pouce.

J’entends d’ici les objections des lecteurs de ce blog  : « On s’en fout de toi et de ton chat, depuis quand adopter un chat est devenu une discipline sportive ? » D’accord. Mais, je veux vous démontrer que mon chat a toutes les qualités d’un grand buteur.

J’ai donc appris, en lisant un site Internet dédié aux félins, comment on s’y prend pour aider les petits chatons à digérer leur repas et faire une sieste : il faut tremper un doux tissu dans une bassine d’eau tiède et leur frotter le bas du ventre avec. Si vous faites bien attention, c’est ce que fait Mama chat avec sa langue quand elle a fini de donner le « sein » à ses petits. Un peu comme vous et moi prenons une tisane bien chaude après un repas copieux.  En tant que mère de substitution, je me suis appliqué à la tâche. Malgré toute mon attention maternelle, l’autre chaton n’a pas survécu, il avait le ventre tellement gonflé. L’indigestion était déjà à un stade critique quand j’ai commencé à lui appliquer des compresses tièdes.

Quand Mousmi est devenu plus grand, on m’a conseillé de l’amener au marché ou à une décharge publique, où il pourra se nourrir facilement. J’ai refusé catégoriquement. Même si la veille de la Saint-Valentin, j’ai pensé sérieusement à m’en débarrasser quand il a posé ses griffes sur mes chaussures en daim neuves. Mais à part ça, on s’entend bien. On m’avait dit qu’il va « pisser sur tes meubles et ça va puer le chat partout chez toi ». Tout ça, c’est de la diffamation.

Mon chat quand il a besoin de faire ses besoins, il sort dans la rue et le fait sur le sable. Et il prend toujours le soin de tout enterrer. Bon nombre d’humains n’observent pas cette mesure d’hygiène élémentaire, si j’en juge par le nombre de défections solides que j’esquive, et parfois de peu, quand je fais mon jogging matinal vers la plage. Ma course est semée d’embûches. Je passe d’un slalom à un saut d’obstacles. On m’a dit que c’est un fou qui jalonne ainsi le parcours sportif. C’est possible. Mais vu la régularité des obstacles organiques (enroulés en virgule ou en 8, lâchés sans doute au prix d’une forte poussée abdominale : on ne connaît pas l’intérêt de travailler ses abdos tant qu’on n’a pas attrapé une des têtues constipations) ; je dis donc sans ambages qu’un homme sain d’esprit et de corps aide notre fou à baliser le parcours sportif qui mène à la plage. Il faut que cela cesse. Ce n’est même pas digne d’un chat bien éduqué, comme le mien.

De retour de mon footing matinal, c’est une longue séance de décrottage qui m’attend. J’ai envie de poser une pancarte pour inviter les fous et les « normaux » à plus de civisme : « Défense de faire caca, amende 6 000 F ». En attendant, si quelqu’un a une meilleure idée, il peut toujours me dire.

Si je vous parle de mon chat aujourd’hui, c’est que je lui trouve toutes les qualités qu’on loue chez un grand sportif : il faut voir Mousmi à l’affût derrière le canapé de mon salon importé. Il peut rester concentré, replié sur ses pattes pendant des heures attendant le bon moment pour sauter sur la souris qui a eu la malheureuse idée de sortir de son trou. C’est ce qu’on appelle avoir de la détermination, du flair, le bon timing. Mousmi a tous les instincts d’un grand buteur, enfin d’un buteur de souris. CQFD. Merci de votre patience

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diambar
Ouvrez ce journal, vous y trouverez mes angoisses de célibataire proche de la quarantaine qui vit encore chez ses parents, mais participe aux factures et aux charges du ménage, malgré un job de pigiste mal payé. Mais si vous avez envie d'escapade suivez-moi dans les ruelles étroites et animées de mon quartier populaire à Pikine, dans la banlieue de Dakar. Prenez ma main, sinon vous risquez de vous y perdre. Je vous montrerai comment on vit, on pleure, on rit, on meurt, on joue dans ce coin.
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