Extraits des carnets solitaires

Je vous livre ici, en vrac, quelques passages extraits du cahier où je note mes pensées, mes idées.

Ce matin, deux questions «existentielle» me taraudent

1-    Comment aller aux toilettes quand les fosses septiques de ma maison sont pleins à déborder ; dois-je en  rajouter ?

2-    Je ne sais toujours pas si je dois mêler mes caleçons bon marché à mon linge ? Comment réagira la femme de ménage ?

Fatou travaille chez moi (maison familiale) depuis seulement trois mois. D’habitude, on ne se parle presque pas. Elle arrive tous les matins à 9 heures. Elle est aussitôt absorbée par ses travaux domestiques. Fatou porte sa tenue de tous les jours : un t-shirt déteint d’où sortent des bras graisseux ; un vieux pagne élimé qui enveloppe à peine ses énormes hanches. Son visage tacheté garde les séquelles d’une intense activité de dépigmentation, le khessal.

De ma terrasse j’aperçois, Khoudia, fille de joie aux charmes fanés, assise sur le pas de sa porte, la main sous le menton, le regard tourné vers un insondable horizon. Pense-t-elle à prendre une retraite anticipée ? Ce serait une mauvaise nouvelle pour les célibataires du quartier !

Pour tout vous dire, je me vois, dans quelques années, en bon père famille, marié à  une Sénégalaise obèse et dépigmentée. Pour la bonne ou mauvaise raison que j’ai été culturellement «préparé» à cela. Je sais bien qu’il y a un peu de lâcheté à vouloir se réfugier derrière son éducation pour justifier ses choix. En réalité, je suis plus conservateur que je veux bien le laisser paraître.

Je me demande pourquoi Facebook ne me propose que des filles à ajouter sur ma liste d’amis.

Quand j’entre dans ma chambre désordonnée, mes nombreux livres éparpillés sur le lit, sur la commode m’interpellent : « Lis-mois s’il  te plait ». Y a du beau monde sur ma liste de lecture : Wilde, Mabanckou, Gide…

Je suis triste de constater que sur les marchés de Dakar, les vendeurs de téléphones portables et autres gadgets électroniques prennent la place des librairies « par terre  » C’est peut -être ça le progrès ! C’est dans ces librairies à ciel ouvert, que j’ai découvert Hugo, Gide Dostoïevski, Camus et, pardonnez moi, Gerard de Villiers.

Une bibliothèque nationale est plus utile pour le Sénégal qu’une arène de lutte !

Le samedi, je me lève tard. Et généralement, je n’ai qu’une idée en tête : profiter du temps libre devant moi pour flâner. J’aime bien acheter, à  25 Francs Cfa, sur les tables des vendeuses ménopausées, des sachets de thiaf ;  la seule denrée qui échappe à l’inflation. Tout en marchant, j’aime sucer la clémentine sucrée ou les oranges du pays au goût acide que les  vendeurs peuls pèlent en rondelles avant de les décapiter d’un coup de couteau. Quant aux grosses pastèques vertes entassées sur le bas-côté de la route, je me plais à les regarder comme de gros œufs pondus par des dinosaures échappés du jurassique…

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diambar
Ouvrez ce journal, vous y trouverez mes angoisses de célibataire proche de la quarantaine qui vit encore chez ses parents, mais participe aux factures et aux charges du ménage, malgré un job de pigiste mal payé. Mais si vous avez envie d'escapade suivez-moi dans les ruelles étroites et animées de mon quartier populaire à Pikine, dans la banlieue de Dakar. Prenez ma main, sinon vous risquez de vous y perdre. Je vous montrerai comment on vit, on pleure, on rit, on meurt, on joue dans ce coin.

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diambar

Ouvrez ce journal, vous y trouverez mes angoisses de célibataire proche de la quarantaine qui vit encore chez ses parents, mais participe aux factures et aux charges du ménage, malgré un job de pigiste mal payé. Mais si vous avez envie d'escapade suivez-moi dans les ruelles étroites et animées de mon quartier populaire à Pikine, dans la banlieue de Dakar. Prenez ma main, sinon vous risquez de vous y perdre. Je vous montrerai comment on vit, on pleure, on rit, on meurt, on joue dans ce coin.

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